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In Linz am Rhein, zwischen Bonn und Koblenz, findet am 14. und 15.Oktober der traditionelle Kunsthandwerkermarkt statt. Und am 14.10.ab 18 Uhr wird Linz noch bunter, denn sie wird ausgeleuchtet: Linz leuchtet.

Viele Veranstaltungen machen das bunte Treiben noch bunter, unter anderem liest Susanna M. Farkas im Café Kitsch aus ihren Büchern. Ein Besuch lohnt sich!

 

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Blogbeitrag: Avec un tel accent - 03.02.2016

Voici mon premier blog en français que je viens de présenter au beau festival "Un printemps à Béziers"

https://immeubleassociatifbeziers.wordpress.com/un-printemps-a-beziers-l...

Avec un tel accent

J’ouvre mon blouson. Pour cette époque de l’année, il fait déjà drôlement bon, mais ça doit être comme ça dans le sud. Le feu de circulation passe au rouge quand j’arrive juste devant. Bien sûr, je pourrais encore traverser, si je voulais vraiment, si j’étais vraiment pressée… Si j’avais envie de faire comme les français qui, il me semble, adorent traverser au feu rouge. Mais cette fois, je fais comme chez nous, en Autriche, où l’on s’arrête devant un feu rouge même s’il n’y a pas une voiture à dix kilomètres. Ridicules, ces habitudes, n’est-ce pas ? Même après presque cinq ans passés en France.

En attendant que les voitures passent, j’aperçois une affiche annonçant un festival culturel, ici, à Béziers. Une soirée poétique participante, au cours de laquelle, j’imagine, on partage ce qu’on écrit, joue, ou chante. « Je pourrais peut-être participer », pense-je au moment où la couleur du feu change.
Je commence à traverser la rue. A part moi, il n’y a qu’une seule personne sur le large trottoir. C’est une femme plutôt âgée, qui arrive de l’autre côté de la rue. Doucement, elle descend la petite marche pour traverser aussi. Nos regards se croisent et, pour quelques secondes, je me pose la question sur ce qu’elle pourrait bien faire ici, dans cette ville, calme, sois disant « morte ». Ça pourrait être une belle ville si seulement on s’en rendait compte. Peut-être, je devrais plutôt me poser la question de ce que MOI je fais ici. Mentalement, je me prépare à ce qui pourrait m’attendre lors de mon entretien. Je pense aux postes de travail que j’ai déjà eu depuis les cinq ans qui suivent mon arrivée en France. Ça n’a pas toujours été facile… Être étrangère ne peut pas être facile. Je me souviens de mon premier poste en français, dans un centre de loisirs, où je n’arrivais pas vraiment à m’imposer. Mais comment peut-on s’imposer si on ne connait même pas assez de mots pour s’exprimer correctement ? La responsable des ressources humaines disait même à la directrice du centre : « Comment faites-vous pour comprendre cette jeune femme, avec un tel accent ? » La directrice rigolait, tout comme mes collègues. Mais moi, je préférais me taire et baisser la tête car je ne voulais pas qu’on me voit rougir. Surtout que moi non plus, je ne comprenais pas très bien cette dame des ressources humaines, comme tous les autres français d’ailleurs.

Quand j’ouvre la porte d’un petit bâtiment blanc, j’entends le bruit d’une sonnette, comme dans les magasins anciens. Quelques minutes plus tard je me retrouve face à une femme, qui se nomme une conseillère. Elle me demande « Quelle formation voulez-vous faire ? » en regardant au dessus de ma tête. J’avais cru comprendre que c’était aux conseillers de nous conseiller mais j’ai du me tromper. Ça doit être un de ces malentendus culturels… Alors je commence à lui raconter mon passé professionnel. La conseillère regarde des onglets de sa main gauche. « Bien coupés », doit-elle se dire. Puis elle me conseille quelques feuilles de papiers à regarder qu’elle étale sur la table. Pendant que je lis des descriptions déjà vu sur internet, elle repart dans son bureau pour rigoler avec sa collègue.

J’essaye de me concentrer sur de longues phrases bien compliquées. Pourtant mon cerveau préfère penser à cette soirée, celle vu sur l’affiche. Au moment où je pense pouvoir certainement présenter un texte, même en français, la conseillère arrive pour me demander si j’ai trouvé quelque chose qui m’intéresse. « Oui, évidemment, la soirée poétique.. » Pense-je, mais je ne le dis pas.

Je dis « Oui, j’aime bien parler en public et travailler en contact avec d’autres personnes, peut-être je pourrais faire une formation pour organiser des spectacles. Comme c’est marqué ici… » Je lui montre un de ses papiers. Mais là d’un coup la dame commence à faire une drôle de tête, un peu comme si elle avait mal au ventre et elle recommence à regarder ses onglets bien coupés. Je lis rapidement ce qui est marqué sur la feuille et j’aperçois une phrase qui dit « blablabla, français irréprochable écrit et parlé… »

Alors je regarde la dame en souriant et je lui dis « Mais bon j’ai un petit doute, parce que… je veux dire… par rapport au langage irréprochable… mon allemand et peut être encore mon anglais le sont… mais bon…mon français… Est-ce que je peux faire un truc pareil, en tant qu’étrangère avec un tel accent ? » La conseillère me regarde encore avec son regard de conseillère qui a mal au ventre. Elle hoche la tête et ça se voit qu’elle se sent mal à l’aise. Vu qu’un accent c’est quelque chose de grave, un peu comme une maladie contagieuse qui nous empêche de réussir dans la vie, elle dit : « Vous avez raison, il vaut mieux… » Puis elle ne dit plus grand chose. Rien, pour être plus claire. Je sourie et je dis « Je vous remercie. »

Ensuite, on entend la sonnette car la porte se ferme derrière moi. De retour dans la rue, je revois l’affiche de cette soirée, j’avais déjà presque oublié. J’aimerais bien faire une telle chose mais bon, j’écris en allemand et qui, ici, comprend l’allemand, excepté ce qui ont étaient forcés à l’école de l’apprendre et qui se souviennent de trois mots ?

Je me dépêche pour retrouver ma voiture le plus vite possible et pour rentrer chez moi. Comme on est censé le faire à la fin de la journée, au lieu d’essayer de faire des trucs qui ne sont pas faits pour nous.

Enfin, je me mets sur mon canapé, devant ma télé, pour regarder les gens en costard qui font semblant de nous raconter la vérité. Mais en réalité ils nous parlent que de haine et des problèmes que nous avons créé nous même. Jamais d’amour ou de l’ingéniosité des gens. Une dernière fois, je pense à cette soirée participante, juste vite fait. Mais bon de tout façon ça ne serve à rien de parler en public avec un tel accent !